Le sentier des écrivains


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Entre le parc Jean-Jacques Rousseau, à Ermenonville, et l’Abbaye royale de Chaalis, dans un espace géographiquement des plus réduits,  situé à douze lieues au nord est de Paris, le petit vallon de la Launette attira successivement Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Étienne Pivert de Senancour (1770-1846) et  Gérard de Nerval (1808-1855). Ils firent de cet espace, déjà plein de spiritualité, l’un des  berceaux du romantisme littéraire français.

Pour prendre connaissance des différents extraits littéraires inscrits sur les panneaux dans le sens Ermenonville/Chaalis, cliquez sur le lien

Pour découvrir le milieu naturel et les enjeux :  http://obs.picardie-nature.org/

L'itinéraire



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Livret disponible à la billetterie de chaque site.

Informations pratiques

Le sentier est accessible à tout visiteur du Parc Jean-Jacques Rousseau ou de l'Abbaye royale de Chaalis. Un code est transmis avec le ticket d'entrée d'un des deux sites afin de pouvoir accéder au sentier sur le domaine de l'Institut de France. Le codeur-serrure vous paraît-il rétif ? Commencez par appuyer sur la touche « Reset » puis enfoncer les touches numériques avec application. C’est fait, la porte est ouverte...la bobinette mécanique a chu. Surtout n’oubliez pas de refermer l'huis derrière-vous, à cause des loups bien sûr !

Le Sentier des écrivains est réservé aux visiteurs d'un des deux sites.

Vous renseigner auprès du Parc Jean-Jacques Rousseau pour le tarif/groupe.

Le parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville

Référence dans l'art des jardins, le Parc Jean-Jacques Rousseau est aussi l’un des plus beaux parc à fabriques du 18e siècle, s'étendant sur plus de 60 hectares, où Jean-Jacques Rousseau passa les dernières semaines de sa vie avant d’être inhumé sur l'Île des Peupliers. Que vous soyez en famille, entre amis, seul ou accompagné, le Parc Rousseau vous propose de nombreuses activités, visites guidées, et des événements sont programmés très régulièrement en haute saison : concerts, visites commentées ou contées, danse, ateliers, découvertes des arts, de la philosophie ou de la nature, pour vous faire explorer le riche héritage de ce site d'exception.

Le Parc Jean-Jacques Rousseau est ouvert toute l'année :

• en haute saison,
Tous les jours, de 10h à 19h, du 1er avril au 30 septembre 2017
Tous les jours, de 10h à 19h, du 1er mai au 30 septembre 2018
Dernière admission à 18h15.

• en basse saison,
du 1er octobre 2017 au 30 avril 2018, de 11h à 17h30
Fermé tous les lundis. Fermeture annuelle, les 1er et 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier.
Dernière admission à 16h45.

Tarifs au 1er janvier 2017

  • Pass annuel famille-duo : 35 €
  • Pass annuel individuel : 20 €
  • Tarif plein : 5€
  • Tarif réduit : 3€ (justificatif)

Étudiants -26 ans / Enseignants / Demandeurs d’emploi / Seniors + 65 ans / Militaires / Visiteurs de Royaumont

  • Gratuité
    Enfants -18 ans / Personnes handicapées et 1 accompagnant / ICOM / ICOMOS / Presse
    Un justificatif peut vous être demandé.
  • Billet jumelé: 10€
    Abbaye de Chaalis / Parc Jean-Jacques Rousseau

Informations et réservations :
Service des publics / Tél. 03 44 10 45 77
Mél. publics@parc-rousseau.fr

Retrouver toute la programmation sur www.parc-rousseau.fr

 

Des paysages littéraires romantiques

  Parler de la beauté d’un lieu, c’est aussitôt la réduire ; tout juste peut-on en décrire les effets. Depuis leur point de vue, le peintre ou le photographe nous proposent leur médiation encadrée alors que le paysagiste qui joue avec les profondeurs de champs compose avec les plis du sol et le climat. L’écrivain, lui, se fait à la fois créateur et interprète mais il doit choisir ses paysages. Pour le romantique, ceux de l’inquiétude, de la passion, de la tempête, ou ceux du désarroi, de la tendresse, de la douce émotion, une émotion parfois sans désir.
  Quel lecteur attentif n’aura pas la tentation de venir découvrir les lieux où vécurent les auteurs, des lieux dont ils se sont imprégnés avant de les recomposer et avec lesquels ils sont désormais associés ? On se moque souvent des ces pèlerins de la littérature, de ces chasseurs de reliques car il ne suffit pas de « marcher dans les pas de l’écrivain » pour ressentir les mêmes émotions et pouvoir les faire partager. Pourtant, découvrir la vue depuis la fenêtre de son bureau, la chambre où il reposait, ses manuscrits[1] animés par leurs repentirs, donne l’impression d’être un familier de l’auteur. Tout cela suscite une empathie et c’est le plus court chemin pour aller vers l’autre. Des écrivains comme Gérard de Nerval ou Marcel Proust, retournant sur leurs pas, se faisaient eux-mêmes les pèlerins de leurs propres personnages pour mieux les cerner. La passion croit son objet réel, l’amant de rêve d’un pays veut le voir. Sans cela, ce ne serait pas sincère[2]. Ermenonville et Chaalis, lieux de mémoire de la littérature romantique, Jean-Jacques Rousseau, Etienne Pivert de Senancour, Gérard de Nerval, Théophile Gautier... Avec eux vivre ce qu’il y a dans les livres, avec eux l’envie d’en savoir plus, avec eux libérer les âmes endormies que les Celtes honoraient, les âmes endormies dans une fleur ou dans un arbre. Elles enferment un passé que le promeneur vient délivrer.

  Le sentier des écrivains a pris ce nom d’après « le sentier des peintres » que le marquis avait tracé dans le « Désert » et qui « montait insensiblement entre les arbres et les rochers ». Il serpentait entre les genévriers au-dessus d’« un grand lac, enfermé dans un vaste bassin, formé par un cercle de montagnes entrecoupées de gorges profondes, couvertes de bruyères[3] ». Pour qui connaît les lieux tout est question d’échelle, la puissante montagne n’est qu’une modeste butte sommée par la cabane de Rousseau accotée à de gros blocs de grès erratiques et la rivière n’est pas le torrent bourbeux de Meillerie. Ce n’était pas pour éviter la notion de distance relative si difficile à rendre en littérature mais il fallait que ce paysage composé d’après celui de La Nouvelle Héloïse fût vraisemblable.

Il en est des paysages et des jardins paysagés, ce qu’il en est des livres, des bâtiments, des tableaux ou des œuvres musicales. Certains, ordonnés avec une rigueur géométrique, ainsi présente-t-on les jardins « français », se plaisent à nous surprendre. D’autres qualifiés d’ « anglais » nous offrent de longs chemins sinueux et des zones d’ombre qui nous permettent de nous isoler au risque de faire des rencontres surprenantes voire importunes. De prime abord, les premiers, largement ouverts, s’imposent à tous mais les seconds, qualifiés de romantiques, atteignent un but identique par les voies détournées d’une conversation de salon. Marques d’un pouvoir, la frontière est ténue entre les deux et c’est peut-être le goût du classement et des nuances d’appropriation qui les a souvent distingués. Tous ont été créés pour le plaisir du roi ou d’une certaine aristocratie pour qui, dans la seconde partie du XVIIIe siècle, tout doit bouger pour que rien ne bouge[4].

  Les pèlerinages dans les maisons d’écrivain sont comme des visites de courtoisie à un ami avec la frustration de n’avoir pu être seul avec lui. Que l’on ne s’y trompe pas ce n’est qu’en soi-même qu’il faut chercher les émotions, les suggestions, les illusions. Trouver le passage ou la méthode pour ouvrir cette mémoire que nous possédons tous, cette mémoire parfois sauvée par l’écriture, cette mémoire qui est la mère de tous les arts[5]. La qualité d’un paysage, d’une peinture ou d’une photographie dépend de la finesse, de la perspicacité et de la pénétration du regard. C'est le regardeur[6] qui fait le tableau énonçait Marcel Duchamp. Un regard inquisiteur, dominateur, impérialiste, condescendant, certes non ! C'est le regard de l'intérieur, la disposition intime qui peut fait le bonheur de l'homme. L'influence d'un artiste peut modifier ou multiplier[7] notre perception même du paysage. Nous cherchons parfois Les Fêtes galantes de Watteau et les étangs de Corot dans les eaux calmes du vallon humide de la Launette.

  Le rêve, le songe, la vision ont besoin de paysages au-delà de ceux que la vue nous offre. Le paysage même devient parfois acteur. Chez Dante le coteau se mire dans l'eau qui est à son pied pour voir sa parure quand il est orné de verdure et de fleurs. Peu de paysages élaborés sans la présence de l’eau, le seul artifice pour le peintre ou le photographe de poser un coin de ciel sur la terre.

  La fréquentation journalière d'un lieu tend à le banaliser, voire à le rendre translucide, avec cette impression de le connaître depuis longtemps alors qu'il est évident que nous ne saurions le recomposer. Pour retrouver les premières sensations, il faut le rendre exceptionnel soit par des interdictions avec l'envie que provoque la frustration d'un rendez-vous manqué, soit en lui conférant une aura souvent insoupçonnée. La surprise encourage la découverte. De la divagation naissent les rêves.  La nature offre ses formes, ses lumières, ses reflets et sa palette au paysagiste qui les utilise comme un interprète, mieux encore, comme un chef d’orchestre qui dirige l’une des ses compositions. Son invention organise les éléments naturels pour provoquer l’émotion, la réflexion, le désir. Mélodie de la ligne d’horizon, symphonie des frondaisons, sonate en duo pour saule et jeux d’eau. Si l’artiste a du talent, son œuvre, agissant comme la Nature, condense ses émotions et nous fait vagabonder. Gustave Flaubert écrivait[8] : Ce qui me semble, à moi, le plus haut dans l’Art (et le plus difficile), ce n’est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d’agir de la façon de la nature, c’est-à-dire de faire rêver ... Aussi les très belles œuvres ont ce caractère. Elles sont sereines et incompréhensibles. « Sylvie », sereine et incompréhensible.  Comme les odeurs ou les couleurs, le paysage n'a pas d'existence objective. Nous le construisons à la lumière de nos passions. Le paysage est un décor propice à la dramaturgie et les connaissances en histoire y tiennent leur place. Dans ce trou de verdure où chante une rivière le soldat jeune ne peut plus entendre le « Tasso alla Valoisiana », Voici la clairière de Tancrède avec sa cuirasse et son casque d'or, la clairière où Desdémone chanta le saule[9]. Chacun est à la fois l'auteur, l'acteur et le metteur en scène et quand les fantasmes s’étiolent s’impose la modestie : Nous voulons nous donner une preuve tangible de notre existence, nous contempler nous-mêmes en des objets qui nous paraissent certains, nous multiplier dans nos talents, nos charges, notre réputation, toutes choses qui précisément ne dépendent pas de nous, mais de qui nous dépendons et qui nous abandonnant quand nous nous en croyons le plus assuré, nous laissent dans le désespoir d’être mort en elles, si nous n’avons la force de retourner aux vraies sources de la vie.[10]»  Jean-Marc Vasseur. 1.04.2017.

 

[1] Les pages manuscrites sont des paysages soumis aux mouvements du ductus alors que les tapuscrits semblent aussi dynamiques que des parcs de stationnement !

[2] Marcel Proust, Contre Sainte- Beuve, « IX Gérard de Nerval. »

[3]M. Morel, un des concepteurs du parc, cité par Pierre Le Tourneur dans son Voyage à Ermenonville. R-L de Girardin en donnait cette description : « Sur le bord d’un vaste lac s’élèvent des rochers arides; leurs cimes sont couvertes de pins, de genévriers tortueux. Le terrain inculte offre partout l’image d’un désert. » De la composition des paysages.

[4] « Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi ! » Giuseppe Tomasi di Lampedusa, ll Gattopardo (Le Guépard).

[5]Dans la mythologie grecque, Mnémosyne, déesse de la mémoire, fille du ciel et de la terre, eut neuf filles de Zeus, les neuf Muses, Calliope, Clio, Melpomène, Euterpe, Erato, Terpsichore, Uranie, Thalie et Polymnie.

[6] Au maréchal de Luxembourg qui lui demandait une description de Môtiers, Jean-Jacques Rousseau répondait :

Ce tableau, quoique toujours le même, se peint d'autant de manières qu'il y a de dispositions différentes dans les cœurs des spectateurs ; et ces différences, qui font celles de nos jugements, n'ont pas lieu seulement d'un spectateur à l'autre, mais dans le même en différents temps. Môtiers, le 20 janvier 1763.

[7] Marcel Proust écrivait que le monde n'avait pas été créé une fois, mais aussi souvent qu'un artiste original était survenu.

[8] Correspondance, Pl. t.2, p. 417, à Louise Colet (26 août 1853).

[9] Théophile Gautier, Émaux et Camées, « Contralto ».Théophile Gautier fut l’ami indéfectible de Gérard de Nerval. Lui aussi venait régulièrement à Chaalis, trois siècles après que le Tasse y fut venu comme le rapporte Chateaubriand dans ses Mémoires d’Outre-tombe. Jean-Jacques Rousseau composa un Tasso alla Veneziana et la musique d’Au pied d’un saule, sur des paroles de Deleyre, d’après la romance chantée par Desdémone dans Othello de Shakespeare.

[10] Étienne Pivert de Senancour, Méditations.

 

 

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