Pays d'art et d'histoire de Senlis à Ermenonville


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Le vendredi 18 septembre 2015, à la mairie de Senlis, a été signé l’acte de naissance officiel du Pays d’Art et d’Histoire de Senlis à Ermenonville.
Pour en savoir plus sur les Pays d'Art et d'histoire

 carte_pays_dart_et_dhistoire.jpg Aux portes du Grand Paris, entre vallées et forêts, les communes bordant le massif d'Ermenonville forment une véritable clairière patrimoniale, réputée pour ses sites naturels et architecturaux. Pour valoriser ces richesses préservées mais fragiles, les communes de Senlis et leurs maires Pascale Loiseleur, maire de Senlis, Jean-François Houette,  maire de Mont-L'Évêque, Alexis Patria,  maire de Fontaine-Chaalis  et Alain Pétrement, maire d'Ermenonville, se sont engagées dans un processus d'étroite coopération pour créer un Pays d'art et d'histoire.

 De nombreux points communs unissent ces territoires. Le long de la Vallée de la Nonette, le premier d’entre eux est la présence d'un nombre important de parcs et jardins, qui, lovés au cœur de la forêt d'Ermenonville, accueillirent beaucoup d'hommes de lettres attirés par l'atmosphère pittoresque et romantique de nos paysages naturels et urbains.

  Le second tient à leur appartenance au domaine royal depuis le tout début du Moyen Âge et plus encore après l'élection d’Hugues Capet à Senlis. Villégiatures appréciées des souverains, les châteaux et les abbayes royales du territoire constituent les noyaux autour desquels s'aménage un territoire qui bénéficie des faveurs du pouvoir. À la fin du XVIIIe siècle, de nouveaux propriétaires, aristocrates ou grands bourgeois, succèdent aux puissants et les domaines seigneuriaux et monastiques se muent en maisons de plaisance. Les nouveaux propriétaires recréent les paysages en agençant ces grands parcs dont nous héritons aujourd'hui. Du Marquis de Girardin et Jean-Jacques Rousseau à Gérard de Nerval, le cadre de vie pittoresque et bucolique qui se voit ainsi dessiné, favorise dès lors la présence d'artistes d'inspiration romantique. Aujourd'hui, ce sont les cinéastes, les écrivains, les plasticiens, les musiciens, de toutes sensibilités, qui perpétuent ce dialogue avec le territoire.

 la_foret.jpg Au cœur du Parc Naturel Régional, ces communes, à taille humaine, jouissent d'une très grande richesse architecturale et paysagère préservée par différents outils de sauvegarde et de mise en valeur. Avec une quarantaine d'édifices protégés au titre des monuments historiques, sans compter les secteurs urbains ou naturels classés ou inscrits, le territoire a indéniablement de nombreux atouts, hérités de l'histoire mais aussi pensés pour l'avenir.

 Accompagnés par l'État, la Région Picardie, le Conseil Général, l'Institut de France et le Parc Naturel Régional Oise-Pays de France, vont mettre en œuvre une ambitieuse politique de valorisation de tous nos patrimoines, à travers un large programme de médiation et d'animation. Outil d'éducation à la citoyenneté, le label offre la possibilité de sensibiliser les habitants et leur permet de s'impliquer dans la constitution du patrimoine de demain. Ainsi les maires s’engagent à mettre en œuvre ce projet de territoire, à se réunir au sein d'une structure intercommunale pérenne et à consacrer les moyens nécessaires à la promotion de l'architecture et des patrimoines du territoire, auprès du public le plus large.

L'histoire d'après le dossier de candidature

  L'évolution urbaine, sociale et paysagère du territoire, de l'antiquité à nos jours est indissociable de celle du rôle et de l'influence de Senlis au cours de l'histoire. Bénéficiant de l'attraction commerciale et de la protection de la cité royale, les villages se développent sur le plateau et sur les coteaux nord de la Vallée de la Nonette, profitant de la diversité des ressources prodiguées par la forêt, la rivière et les plaines fertiles du plateau Valois.

  De l'ancien domaine royal, aménagé et exploité par les grandes abbayes, au développement des grands parcs et avec eux de la forêt d'Ermenonville, le territoire a su conserver les témoignages de son histoire par l'attachement profond qu'il n'a cessé de susciter tant auprès de ses hôtes que de ses habitants.

Préhistoire et protohistoire

La période qui précède la conquête romaine est encore mal appréhendée sur le secteur.

menhirs.jpgLes pierres levées de la forêt d'Halatte, comme les menhirs des Indrolles, le dolmen de Chancy, ou celui de Chamant aujourd'hui disparu, constituent avec le Menhir de Borest les principaux vestiges attestant de la présence humaine sur le secteur au néolithique. Une hache plate du Bronze ancien, trouvée à Borest en 1974, aujourd'hui conservée au Musée de Senlis, présente des décors particulièrement représentés en Irlande, et illustre à ce titre, les rapports existants avec des régions où règnent des civilisations bien établies, dans les pays de la mer du Nord. En revanche, aucun matériel archéologique ne permet à ce jour d'appréhender l'occupation du site par les Celtes. La tradition qui fait du site Senlisien la capitale des « Silvanectes », peuple gaulois dont dérive le nom de la ville, est donc sujette à caution, lorsque l'on se place en amont de la conquête romaine. Si les historiens du XIXe siècle, ont émis l'hypothèse de l'existence d'un oppidum celtique au confluent de la Nonette et de l'Aunette, au lieu-dit la Gatelière, à l'ouest de la ville, les découvertes de « fonds de cabanes» faites après la guerre, dans cette partie de la ville peuvent tout aussi bien être postérieurs à la période romaine qu'antérieurs à l'occupation celtique. Les historiens privilégient aujourd'hui l'hypothèse d'une cité-peuple subsistant sous l'emprise de ses voisins Meldes ou Suessions

Antiquité

C'est au Ier siècle de notre ère, sous le règne d'Auguste ou de Tibère qu'est fondée Augustomagus, « le marché d'Auguste », et que l'administration romaine décide de rendre autonome la civitas des Sulbanectes. Le territoire, limité par l'Automne au nord et la Thève au sud, s'étend de Chantilly à Crépy-en-Valois, et correspond approximativement au périmètre du futur évêché de Senlis. L'histoire d'Augustomagus reste peu connue. Étant donné que la ville médiévale avec ses caves et carrières souterraines s'est établie à l'emplacement de la cité romaine, elle a effacé la majeure partie des vestiges archéologiques de cette époque.
À proximité d'un important nœud routier vers la Germanie et les Iles Britanniques, Augustomagus devient une ville-étape prospère, sous le règne de Claude durant la conquête de la Grande Bretagne. Les vestiges des arènes mais également les nombreux éléments sculptés retrouvés, notamment en réemploi dans les fondations du rempart, constituent les principaux témoins de l'opulence qu'a pu connaître l'agglomération sous le Haut- Empire.

À cette époque, la couverture végétale correspond à celle d'un paysage ouvert avec des pâturages et de nombreuses cultures. Les vagues d'invasion germanique de la fin du IIIe siècle, pousse la cité à se doter d'une enceinte protégeant la plus haute partie de la ville, tandis que la population continue de vivre dans un suburbium mal entretenu.

La présence, au début du Ve siècle, de l'une des douze préfectures de Lètes implantées en Gaule du Nord, atteste cependant de la vitalité que conserve le castrum. On situe le début de la christianisation dans le courant du IVe siècle, sous l'influence de Saint-Rieul qui fonde une église, détruite après la Révolution.

Moyen Âge : la structuration spatiale et politique du territoire

L'émergence du Comté de Senlis

Le haut Moyen Âge marque le point de départ de grandes vagues de christianisation de l'Oise. En 486, après la défaite des derniers romains autour de Soissons, le territoire rejoint le royaume de Clovis. A sa mort, son fils Childebert, roi de Paris, hérite de la cité des Silvanectes et fait ériger un mur de défense  autour de l'église Saint-Rieul, en relation avec la muraille gallo-romaine, pour protéger le Nord de la Cité. C'est probablement un peu plus tard que le village de Borest, se voit également doté d'une enceinte, aujourd'hui disparue.

Après divers héritage, l'agglomération rejoint le royaume d'Austrasie. A cette époque, la forêt commence à reprendre ses droits sur une contrée retournée à la friche. Malgré le peu de mention dont la ville fait l'objet jusqu'à la fin du IXe siècle, on sait qu'elle constitue déjà un lieu de séjour apprécié par la noblesse franque pour ses gibiers et ses villae environnantes.

L'essor de la cité royale

hugues_capet.jpgLe comte Bernard de Senlis n'ayant pas d'héritier, la ville entre en la possession d'Hugues Capet en 981 (portrait ci-contre), avant qu'il ne soit élu au trône de France à Senlis, en 987. En remerciement, son épouse, Adelaïde, édifie une chapelle dédiée à Saint-Frambourg en 993. Elevée au rang des grandes cités royales, la ville et le territoire couvert par son diocèse vont connaître un développement exceptionnel pendant près de trois siècles. C'est à cette époque que se développe le site d'Ermenonville, et qu'est bâtie la première forteresse dotée d'un pont-levis et de quatre tours, pour contrôler la route reliant Senlis à Meaux et le passage vers les marchés de Troyes, de Provins et de Lyon. Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, reconstruit les sanctuaires de Saint-Rieul, Saint-Pierre et érige celui de Saint-Aignan, vers 1029. Anne de Kiev, épouse d'Henri Ier fonde en 1065, le monastère Saint-Vincent, au sud du castrum.

C'est à cette époque, sous le règne de Louis le Débonnaire, que la tradition situe l'établissement de la villa d'Irminon, évêque de Senlis, sur le site  d'Ermenonville. Une autre hypothèse évoque Irminon, abbé de Saint-Germain-des-Prés qui établit au IXe siècle un relevé des domaines et des droit son abbaye, un manuscrit connu sous le nom de Polytpique d’Irminon.

 La cité des Silvanectes confirme progressivement son statut administratif et militaire. Son enceinte défensive en fait une retraite sure, durant les invasions normandes, et le pouvoir carolingien y établit un atelier monétaire, comme le prouvent les moules mis au jour lors de fouilles en 1981.
Le premier comte héréditaire serait Pépin, frère d'Herbert de Vermandois, qui soutient en 892 le retour du carolingien Charles le Simple sur le trône. Anne de Kiev, épouse d'Henri Ier fonde en 1065, le monastère Saint-Vincent, au sud du castrum.

La ville reste gouvernée par un comte ; le plus connu est Guy Ier de Senlis, dit de la Tour, dont les descendants reçoivent le titre de grand bouteiller de France dès 1108. Une charge qui restera dévolue à la famille jusqu'au XVe siècle .Louis VI, le Gros, petit fils d'Henri Ier, qui séjourne beaucoup à Senlis pour y chasser sur ses terres de Montleroi (Mont-l'Évêque), fait détruire et reconstruire en 1131, le château royal selon la configuration actuelle. En 1137, il fonde l'abbaye de Chaalis en mémoire de son cousin Charles le Bon, comte de Flandre, entre Fontaine et Ermenonville, sur le site d'un petit prieuré dépendant du monastère de la Madeleine de Mello, lui-même dépendant de l'abbaye bénédictine de Vézelay. Les caractéristiques géographiques et géologiques d'Ermenonville, à la cassure entre la Brie, plaine à blé, et l'immense massif forestier à l'Ouest, formant une ligne étroite et longue de  marécages, sont très rapidement exploitées par les " Bouteiller " de Senlis. Ils ont l'astuce de tirer parti de ce marais en y faisant passer la route de l'est, celle qui relie Senlis, ville royale, à Meaux, porte de toutes les régions de l'Est. C'est pour contrôler cette route qu'ils dressent ici, au beau milieu du marécage, une forteresse à pont-levis, verrouillée sur la route par quatre tours. La longue route des pèlerins vers Saint-Jacques de Compostelle passe par Ermenonville. Ils y trouvent un " hospice "sous la protection de Sainte Madeleine.

Tout comme son père, Louis VII vient régulièrement à Senlis pendant les 40 ans de son règne. La ville lui doit sa charte communale en 1173. Toutefois, le roi ne possédant pas la totalité de la ville, la commune doit conclure des accords avec les autres seigneurs et racheter leurs droits. Contrairement aux seigneurs ecclésiastiques, plus hésitants, son Bouteiller, Guy II, seigneur de Senlis, Chantilly, Ermenonville, Montépilloy, Brasseuse et Bray, est favorable à la charte communale et ne fait pas obstacle, bénéficiant en retour des largesses du suzerain

Ce dernier garantit les bonnes relations avec les autorités religieuses, et les églises de la région profitent de ses libéralités, à commencer par les religieux de l'abbaye de Chaalis à qui il accorde la possession et la jouissance du monastère et de ses dépendances auxquels il ajoute d'autres terres labourables. Il cède par ailleurs le droit de gruerie qu'il avait sur le territoire de Borest, à l'église Ste-Geneviève de Paris qui y fonde le prieuré du même nom.

Cette seconde moitié du bouvines.jpgXIIe siècle est une période faste pour le développement urbain qui voit le début de l'érection de la cathédrale gothique, en remplacement d'un premier édifice devenu trop vétuste. Cette prospérité s'accompagne d'une importante croissance démographique et d'un vaste développement urbain autour de l'enceinte gallo-romaine, qui rend nécessaire la construction de nouveaux remparts. Entrepris sous le règne de Philippe Auguste, les travaux ne s'achèvent qu'en 1288, soit 65 ans après sa mort, après l'extension du système défensif autour du faubourg Vietel.

La bataille de Bouvines entre Philipe Auguste et l'Emperuer Otton.

crosse_dite_de_guerin.jpgLe règne de Philippe Auguste se traduit par l'influence de son garde des sceaux et proche conseiller, le frère Guérin, qui contribue à la victoire de Bouvines, en 1214. Elu évêque de Senlis, il reçoit les terres de Mons, domaine de chasse royale, sur lesquelles il fait construire son château, faisant de Mont-l'Évêque la résidence rurale des évêques de Senlis jusqu'à la révolution. Il cède une partie de son domaine pour y fonder, aux portes de la ville, l'Abbaye de la Victoire, achevée en 1223. A la mort de Philippe Auguste, il est nommé chancelier de Louis VIII, charge qu'il occupera jusqu'au début du règne de Saint-Louis.
  L'opulence de la cité atteint son apogée sous le règne de ce dernier qui fonde le prieuré Saint-Maurice dans l'enceinte du Château royal, installe l'Hôtel-Dieu en centre-ville, agrandit l'église Saint-Pierre et érige l'église Saint-Etienne en paroisse.
Crosse dite du "chancelier"  Guérin.

L'évolution de la Cité se fait à l'intérieur des remparts médiévaux, l'ancien castrum gallo-romain demeurant peu peuplé. Les quartiers artisanaux se trouvent dans les faubourgs sud (bouchers, mégisseries) et nord-est (tisserands, vignerons). La corporation des tombiers exploite le « liais »; leur production est exportée dans toute l'Europe du Nord. Senlis vit du commerce de la laine, du cuir et de la fourrure. La prospérité économique de la ville, connue pour ses drapiers se traduit par un bâti dense, sous lequel se développe un réseau de caves ogivales. Plusieurs halles spécialisées témoignent d'une intense activité marchande. Les moulins à eau se multiplient sur la Nonette, avec une dizaine de l'abbaye de la Victoire jusqu'à Saint-Nicolas-d'Acy. La viticulture se développe, le sol sablonneux autour de la ville lui étant   jugé      favorable. Louis IX apprécie particulièrement   le  territoire et séjourne régulièrement à Chaalis. En 1265, il fonde le baillage de Senlis qui s'étend sur le Beauvaisis, le Valois, le Clermontois et le Vexin. À Fontaine, le chevalier Thomas le Cornu, possesseur de cette terre en 1255, donna le nom de Fontaine les Cornu au village, qui ne prendra le nom de Fontaine-Chaalis qu'en 1921.  L'arrivée au pouvoir de Philippe le Bel marque le début du déclin de la cité royale avec les persécutions contre les Juifs, les Lombards, les Templiers dont neufs sont brulés à Senlis.

« La grande crise des XIVe et XVe siècles »

Les débuts de la Guerre de Cent ans sont d'abord marqués par les ravages d'une importante épidémie de peste qui précède de 25 ans la Grande Peste de 1348. En 1358, la Grande Jacquerie éclate et les faubourgs de la ville et des villages alentours sont pillés, avant de rejoindre le camp des révoltés. Le Château d'Ermenonville devient le symbole de la fin de la féodalité. En 1351, les seigneurs de Senlis vendent Ermenonville à Robert de Lorris dont l'ambition démesurée est freinée par la Grande Jacquerie. Les paysans, cachés dans la forêt d'Ermenonville, s'emparent du Château et y mettent le feu.  Si les édifices de la cité royale résistent bien aux  conflits de la Guerre de Cent Ans, les villages alentours sont pillés et saccagés et leurs habitants, à l'instar des moines de la Victoire, viennent se réfugier derrière ses remparts. Senlis bascule dans le camp des Bourguignons en 1417, et résiste à un premier siège mené par les troupes d'Armagnac missionnées par Charles VI en 1418. Une paix relative s'installe, interrompue en 1429 par un affrontement entre les troupes anglo-bourguignonnes du duc de Bedford et l'armée de Charles VII, lors de la Bataille de Montépilloy. La trêve entre Charles VII et le duc de Bourgogne est signée quelques jours plus tard à Compiègne, et la ville se soumet à la couronne. A la fin du XVe siècle, elle ne compte plus que 3000 habitants.

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L'exécution des otages lors du siège de 1418 par Louis Mélingue, 1885

Alors que la situation de la noblesse, des paysans et des villageois alentours se dégrade, la bourgeoisie parvient cependant à s'enrichir et fait construire des hôtels particuliers tout en concédant d'importants efforts pour l'entretien des fortifications tout au long des XVe et XVIe siècles.  Le territoire bénéficie néanmoins des attentions de Louis XI, qui séjourne régulièrement au château d'Ermenonville ou à Senlis. La Paix de Senlis instaurant la trêve avec le Duc de Bretagne, annonce le retour au calme pour le comté. Le roi restaure l'abbaye de la Victoire, éprouvée par les conflits et en fait le chef d'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, et ses libéralités lui permettent de recouvrer une certaine prospérité, avec la signature du traité de Senlis.

Une relative Renaissance : le déplacement des centres d'intérêt du pouvoir royal et le déclin du pouvoir monastique

Sous François Ier, si la cour délaisse le château devenu trop vétuste, la ville bénéficie encore des attentions du roi qui y établit la première maréchaussée de France, près de l'arsenal; il fait construire un escalier monumental au vieux palais royal et fait ajouter par le seigneur de Roberval, Jean-François de la Roque, de nouveaux bastions et éperons sur les fortifications.

deste_abbe_commendataire_de_chaalis_de_1541_a_1571.jpgIl en est de même pour l'abbaye de Chaalis, qui connait un regain d'activité artistique et accueille, à défaut du roi, de nombreux artistes de la Renaissance tardive, tels que Sebastiano Serlio ou Le Primatice, conviés par Hippolyte d'Este, premier abbé commendataire du domaine. Le XVIe siècle reste en effet une période agitée pour la région.

La répression contre les protestants s'amplifie, mais Senlis qui compte quelques 500 huguenots en 1560, n'adhère pas à la Ligue. Lors de la dernière guerre de religion, la ville est prise et défendue par Guillaume de Montmorency-Thoré, fils du connétable Anne de Montmorency. Les efforts consentis par la population pour la modernisation du système défensif de Louis XI à François Ier permettent à la ville de résister aux assauts de Ligueurs entre 1589 et 1591. Au lendemain du  premier siège, Thoré parfait le dispositif en faisant détruire la partie des faubourgs ouest et sud qui sud qui déséquilibrent les défenses de la ville. Le souverain vient se reposer à Ermenonville et fait  acheter le château d’Ermenonville  par Dominique de Vic « son cavalier à la jambe de bois. », au lendemain de sa victoire contre les Ligueurs à Ivry. L’année suivante Henri IV accorde à la ville des avantages fiscaux en reconnaissance de sa loyauté.

XVIIIe - XIXe siècles : des Lumières aux Romantiques, l'émergence des grands domaines paysagers

La fin de l'ancien régime

L'ère moderne achève d'installer le territoire dans une douce torpeur. Éloignée des centres d'intérêts économiques et politiques du XVIIe siècle, l'ancienne cité royale se mue progressivement en un paisible centre administratif et commercial. Seules quelques communautés religieuses s'installent encore dans la ville. C'est à cette époque qu'est fondé l'Hospice de la Charité, dans l'Hôtel du Paon, propriété de l'abbaye de Chaalis.

Le début du démantèlement des fortifications au XVIIIe siècle confirme la mutation de l'ancien castrum en petite cité bourgeoise. La ville isolée géographiquement, enserrée dans les forêts environnantes, repliée sur elle-même, stagne démographiquement (4750 habitants en 1765). Mis à part le percement de la route royale par Perronet aucun aménagement urbain d'envergure n'est entrepris en ville, si ce n'est la suppression des cimetières paroissiaux au profit du cimetière actuel, au nord de la porte de Creil.

carte_de_la_capitainerie_dhalatte_1710-1711.jpg
Carte de la capitainerie d'Halatte , 1710-1711.

La Révolution

Exception faite de l'attentat de Billon qui fait 26 victimes, la Révolution entraine peu de dommages matériels, mais la suppression de l'évêché au profit de celui de Beauvais et la vente des propriétés ecclésiastiques comme bien national, achèvent d'isoler la ville et d'enclaver le territoire. Les bâtiments et les terres du domaine de Chaalis sont vendus comme bien national en 1793.

Le XVIIe siècle marque le déclin progressif des abbayes, prouvant les conséquences néfastes du système de la commende. À Chaalis, après les premiers commendataires italiens de la Renaissance, les abbés ne résident plus sur place et le domaine décline faute d'entretien. Dans la première moitié du  XVIIe siècle, Louis de Bourbon Condé, petit-fils du Grand-Condé, commande à Jean Aubert, un plan de reconstruction qui s'avérera trop ambitieux et précipitera la ruine du domaine. En1786, l'abbaye, en situation de liquidation mobilière, est fermée par les abbés de Pontigny et de Clairvaux sur ordre de Louis XVI. À cette même époque, l'abbaye de la Victoire également incapable de subvenir à ses besoins est rattachée à l'évêché de Senlis et sa déconstruction commandée par l'archevêque de Reims. À Chaalis, une partie de l'abbaye est alors déconstruit après la vente de son mobilier. Seuls la chapelle Sainte-Marie et les bâtiments neufs sont conservés. À Ermenonville, le marquis de Girardin, bien que partisan sincère de la Révolution et malgré les témoignages favorables des édiles locaux, est assigné à résidence, mais échappe à la guillotine. À la fin de la Terreur, il laisse le soin du château à son fils aîné pour rejoindre Vernouillet où il passe la fin de ses jours.

Le XIXe siècle, la nouvelle aristocratie et le début de la villégiature

En l'absence d'une voie de chemin de Fer directe depuis Paris, Senlis ne connait pas de développement démographique important dans le courant du XIXe siècle. Si l'activité économique de la ville demeure médiocre, commencent les travaux de modernisation sur le bâti et la voirie qui confère à la cité senlisienne la morphologie que nous lui connaissons aujourd'hui. L'éclairage public est réalisé à partir de 1808 et les boulevards sont percés dès 1827 à la place des remparts. Le chemin de fer n'arrive qu'en 1862 et Senlis devient une ville de garnison à partir du règne de Louis-Philippe.

À Chaalis, Valgenceuse, Ermenonville, et plus tard Mont-l'Évêque, les grands domaines qui entourent la petite bourgade résidentielle, se morcellent et deviennent des villégiatures prisées par la haute société parisienne et les artistes qu'elle convie autour d'elle.Le domaine d'Ermenonville reste aux mains des descendants du marquis de Girardin jusqu'en 1874, date à laquelle le parc est démembré, la vente globale ayant été impossible. Le château d'un côté, le Désert de l'autre constituent désormais des domaines séparés.
 A Fontaine-Chaalis, le Général Kellermann rachète le château en 1802 et modernise son domaine. Une grande partie de l'abbaye de Chaalis est démolie après la vente de son mobilier pièce à pièce. Seule la chapelle Sainte-Marie est laissée intacte et Madame de Vatry tente à partir de 1850 de reconstituer le domaine. Le domaine de Valgenceuse est animé par le salon littéraire que tient la marquise de Giac, fréquenté par Vigny, Nerval, Dumas fils.

XXe siècle: de la Reconstruction à la préservation

Le territoire souffre sensiblement de la première guerre mondiale. Sur la route de Paris, les troupes du Général von Klück entrent à Senlis le 2 septembre 1914. En représailles des quelques coups de feu qui furent tirés, le maire de la ville est exécuté avec plusieurs otages pris au hasard et le quartier Saint-Martin, la rue de la République et la gare sont incendiés. Le lendemain, les Allemands gagnent Ermenonville, mais respectent le domaine. Quelques jours plus tard, ils doivent reculer et remonter vers la Marne, où le front se fixe pour de longs mois. Le territoire, en marge des combats, subit peu de dégâts matériels, mais éprouve comme le reste de la France, les conséquences humaines du conflit. Durant toute la guerre, Ermenonville abrite un camp d'aviation très actif. A Borest et à Mont- l'Évêque, les fermes sont bombardées et incendiées. En 1918, le maréchal Foch installe son Quartier Général à Senlis pour y préparer la victoire. En 1920, la ville reçoit la Croix de Guerre. En 1940, quelques combats devant les villes, le long de la ligne de défense « Chauvineau » encore visible, entrainent de minces dégâts avant l'Occupation, puis la Libération en Août 1944.

Bénéficiant de la dynamique des Trente Glorieuses, de la proximité de la région parisienne, de l'achèvement en 1964 de l'Autoroute A1, de l'aménagement de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en 1974, Senlis connaît une importante phase de développement démographique et urbain dès le début des années 1950.

  Sa population double en trente ans, passant de 7000 à 17 000 habitants. Plus des deux-tiers des nouveaux arrivants s'installent, au-delà des anciens remparts, dans les vieux faubourgs rénovés et les nouveaux quartiers aménagés. Des équipements publics et des zones commerciales et économiques y sont implantés. La partie du centre-ville correspondant au castrum est protégé en Secteur Sauvegardé en 1965. La vocation touristique et culturelle de la ville se renforce avec l'aménagement du Musée d'art et d'Archéologie et de plusieurs espaces dédiés aux manifestations culturelles, dans l'église Saint-Pierre, l'église Saint- Frambourg ou avec la création du Centre de l'Obélisque, ainsi que grâce aux campagnes de restauration successives des monuments et des maisons les plus anciennes du centre ancien. Conservant son aspect médiéval, le centre demeure un pôle d'habitat et de services de proximité attractif qui sert de cadre aux tournages de nombreux films de cinéma et de télévision. L'aménagement du Parc écologique de Bon Secours et la création en 2004, du Parc Naturel Régional Oise Pays de France parachèvent cette politique de préservation de l'environnement et du patrimoine de l'agglomération senlisienne.

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